Dans cette série de portraits, je m'intéresse au visage comme lieu de présence, mais aussi comme surface traversée par des forces invisibles. Autour de ces portraits, la peinture se libère progressivement de la représentation. Je les envisage comme une manifestation possible de l'état intérieur de la personne.
Elles donnent une forme visible à ce qui, habituellement, demeure invisible : les émotions, les tensions, les contradictions, les souvenirs ou les mouvements intimes qui constituent un être. Là où l'on voit une présence, l'abstraction suggère ce qui l'anime, la traverse ou lui échappe. Une relation se crée alors entre ce qui est reconnaissable et ce qui ne peut être nommé. Le visage semble à la fois se détacher de la matière abstraite et s'y prolonger, comme si les frontières entre l'apparence et l'intériorité devenaient incertaines.



